1 – Mur

Mur. C’est Mur. Je suis devant, Il est large et haut à perte de vue. Infini ? L’Infini n’existe pas n’est-ce-pas ? Dite moi qu’il n’existe pas ! Il ne peut pas exister, puisque pour savoir qu’il existe, il faut qu’il se produise, hors, si c’est l’Infini comment peut-il se produire ? Ma Tristesse est infinie, elle n’existe pas n’est ce pas ? Dite moi qu’elle n’existe pas ? Elle n’existe pas mais elle est là. Ma Tristesse infinie est là, mais elle n’existe pas. Quel est donc ce sortilège ? Ce sort ?

Non pas toi ! Reste la !

Donc… quel est ce sort ? ce fil que j’oublie ?… J’ai oublié ce que je voulais écrire… Ma Tristesse … Infinie… Mur … OK, je reprends… Elle n’existe pas ?

Qui ça ?

Comment ça, qui ça ?

Qui n’existe pas ?

MOI

Le seul paramètre que j’ignore de Mur, forcément, c’est son épaisseur. Si il est d’un Infini qui n’existe pas, je ne peux ni être plus haut que lui, ni plus large, je ne peut donc connaître son épaisseur. Si Mur, d’un infini en hauteur et en largeur qui n’existe pas, donc, effectue une rotation de 90° vers le bas, et que ce qui était son épaisseur, devient donc sa hauteur, a pour dimension la longueur de Planck, je ne le voit plus, ne le ressens plus, ne peut plus le toucher, le voir, le sentir. Mais il est là. Il devient tout simplement si peu haut, qu’il peut passer dans l’espace qui sépare les atomes de mon corps. Il me traverse. Mur, devant lequel vous vous trouviez quelques minutes plus tôt, Mur, infranchissable même si il est d’un infini qui n’existe pas, Mur infini en largeur et en hauteur, Mur devient maintenant d’un infini qui n’existe pas en profondeur. Les dimensions ne sont pas séparées et ne sont pas séparables. Toutes les dimensions qui existent, probablement d’un infini qui n’existe pas, sont liées, intriquées, et sont inséparables. Nous atteignons le Nirvana de la non-séparabilité, plus loin encore que la non-localité, il s’agit de non-séparabilité. Rien ne se sépare, jamais. Mur est Mur, il n’est pas plus Mur ici que là, en haut que en bas, en largeur que en profondeur, si après cette rotation sa hauteur devient la longueur de Planck, c’était auparavant son épaisseur, rien de bien sorcier, ni mathématiquement compliqué. Mais alors, pourquoi ne pouvais je pas le traverser ? Sa largeur et sa hauteur était d’un infini qui n’ existe pas. Soit. Ici, nous pouvons comparer ça à un rêve lucide : vous êtes dans le rêve, sous le vivez : les sons, les odeurs, même le toucher. Tout vos sens vous indiquent que vous vivez absolument et sans aucun doute ce qui se passe, mais en même temps vous savez que non, vous êtes tout à fait conscient que c’est un rêve. L’exemple le plus frappant est les chiens : vous voyez trois chiens énormes, baveux, prêt à faire de vous un méchoui cru de merguez d’humain, vous montez dans un arbre. Vous savez que vous êtes dans un rêve, que ces chiens n’existent pas, mais quand même, dans le doute, vu la taille de leurs crocs, vous restez dans l’arbre. Ici c’est pareil : nous parlons d’un infini qui n’existe pas, mais si il n’existe pas, alors cette largeur et cette hauteur, sont, sinon inexistantes, du moins finies. Non. Je vous le dis clairement : non. Vous pourrez passer votre vie, vous, vos enfants, petits enfants, arrière petits enfants, arrière arrière petits enfants, arrière arrière arrière petits enfants, arrière arrière arrière arrière petits enfants, arrière arrière arrière arrière arrière petits enfants…

bon c’est bon, tu va aller jusqu’où comme ça, c’est lourd ?

oh ! C’est bon c’est pour donner une idée de l’infini…

C’est n’importe quoi, c’est nul !

Donc, reprenons… Vous pourrez passez toutes vos futures générations jusqu’à (…n…) petits enfants…

joli le rattrapage

merci 

que jamais vous n’atteindrez l’infini. L’infini est toujours potentiel, quantifiable mais potentiel. Il n’existe, en quelque sorte, pas encore, et ne pourra jamais exister. Plus vous avancerez vers la droite ou la gauche, le haut ou le bas de Mur, plus ces directions s’éloigneront. Reste l’ épaisseur, qui je vous le rappelle, est devenu la hauteur suite à une rotation de 90° vers le bas et vers vous, donc cette hauteur est si faible, que vous ne la sentez pas. Je vous rappelle que si la hauteur est quantifiable comme la hauteur de Planck, les deux autres dimensions sont infinis. D’un Infini qui n’existe pas. Nous sommes liés à des dimensions où deux de nos dimensions connues sont d’un Infini qui n’existe pas. Et nous sommes mêmes plus que liés, nous sommes dedans, nous sommes dans ces dimensions, et ces dimensions sont en nous, nous ne pouvons y échapper. À aucun moment nous n’échappons aux règles de la physique : deux dimensions peuvent êtres Infini. L’Infini est toujours potentiel, donc n’existe pas. Ces deux dimensions sont donc d’un Infini qui n’existe pas. Mais il reste une de nos trois dimensions parfaitement classique, qui elle a pour mesure, selon l’angle où on la place, la longueur, la profondeur ou la hauteur de Planck. Une mesure parfaitement physique, dans toute sa splendeur, la dernière qui soit accessible à l’esprit humain, plus petite encore que l’espace qui sépare les atomes de votre corps, plus petite encore que l’espace appelé synapse, espace qui permet la transmission des informations entre les neurones, rien n’est plus petit, du moins dans ce qui nous est humainement accessible, technologie comprise, et ensuite … c’est Inconnue…

2 – Inconnue

Revenons à Tristesse, infinie donc, d’un Infini qui n’existe pas, mais qui est là ! Elle n’existe pas mais elle est là. Une dimension finie dans Tristesse infinie, ça voudrait dire quoi ? Bête est là quand même. Bête. Elle est là, tapie dans Ombre. Je suis sorti de Ténèbres, mais je ne retrouverais plus Lumière. Je reste et me conforte dans Ombre. Dans Ombre, Bête, tapie, celle de Ombre, est sombre, mais pas dangereuse. Bête de Ténèbres veut annihiler Lumière. Elle est extrêmement dangereuse. Je la maîtrise mais ne la contrôle pas. Je suis bien dans Ombre, je contrôle et maîtrise Bête de Ombre. J’ignore celle de Lumière, même si elle me parfois tourmente. Bête a donc au moins une dimension réelle. Sortant des dimensions physiques, nous entrons, de plein fouet, dans les dimensions mentales. C’est ici que se cache Inconnue. C’est par sa dimension mentale que je peut découvrir sa dimension physique. J’ignore Bête de Lumière parce que pour moi elle n’existe pas. Elle est impersonnelle. Juste une idée. Le temps n’existe pas quand je suis avec Inconnue. Même le temps de Planck est dépassé. Nous ne parlons plus de dimensions physiques mais de dimensions mentales. Il n’y a pas de temporalité dans les dimensions mentales. Elles sont d’un infini qui existe. Inconnue n’existe déjà plus. Dès le temps de Planck où j’ai pensé à elle, elle n’existait déjà plus. Inconnue sait qu’elle mourra un jour, nous mourrons tous un jour. Inconnue fait des plans sur la durée de vie moyenne, d’une fille moyenne, dans un pays moyen. Tout faux. Ce sera plus tôt. Je deviendrais Inconnu. Sa seule dimension physique sera sa mort. Sa mort sera l’événement que les autres Bêtes de Lumière retiendront. Comme les dimensions d’un Infini qui n’existe pas, et les dimensions réelles, nous sommes toujours et à jamais, liés. Elle est Inconnue, et je deviendrais Inconnu. Elle deviendra inconnue de ce qu’elle est, maintenant, jusqu’à la plus petite mesure possible : Planck, et elle deviendra Connue parce qu’un autre est devenu Inconnu. Et le restera. Comme Mur qui une fois que son épaisseur est devenu sa hauteur, devient juste, juste Invisible. Il devient Invisible. C’est indissociable, plus encore que des jumeaux, c’est au delà de ça, ils sont lui. Ils sont Mur et Invisible, chacun dans leurs dimensions respectives, mais indissociables. La hauteur de Planck est ce qui rends Mur réel, Inconnue est ce qui rends Invisible réel. Tout est réel, rien ne sors du cadre strict de la physique. Tout est parfaitement réel : Inconnue, Inconnu, Connue, Mur, Invisible, Bête de Ombre, Bête de Lumière et leurs semblables Bêtes, et la seule qui existe par et pour elle même, transcendante et immanente, dont toutes les dimensions existent, parfaitement tangibles, touchables, sensationnelles et sensibles: Bête de Ténèbres. Bête de Ténèbres n’est pas programmée pour avoir des limites. La principale source d’information de nos dimensions viens de la lumière. Elle en reçoit très peu. Juste assez pour rester dans notre monde dimensionnels, et cela lui suffit pour savoir que justement, elle n’a aucune limite. Ce qui doit être vu, toucher, ressenti, aimé, haïe, chérie, détruit, doit être vu, toucher, ressenti, aimé, haie, chérie, détruit. Tout ce qui est faisable dans nos dimensions doit être fait. Cela dépasse la simple limite : je peux le faire, je le fais. Point. À chacune des bêtes de trouver ce qu’elle peut faire, ce qu’elle a envie de faire, ce qu’elle veut faire et le faire. Point. Que chacun fasse ce qu’il peut, mais qu’il le fasse au maximum, que chacun fasse ce qu’il veut, et qu’il le fasse au maximum.

(in)Fin(ie)

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