“L’empreinte sanglante d’un pied nu, la suivre le long d’une rue…”

J’avais finit par céder. L’envie était trop forte, elle était devenue incontrôlable. J’étais passé du fantasme à l’envie. Je savais d’expérience qu’il y avait trois phases : le fantasme, l’envie et la pulsion. Et la pulsion emmenait au passage à l’acte. J’en étais à l’envie, et je me retrouvais ici, dans cette rue, devant cette empreinte sanglante d’un pied nu. Il m’avait dit de la suivre. C’était un pied d’enfant. J’avais peur, j’étais terrorisé de ce que j’allais découvrir, et peut être plus encore de ce que j’étais venu faire ici. Je suivais cette empreinte, puis une autre, une autre et encore une autre… La dernière se trouvait devant la porte d’une maison. Est-ce que j’allais sonner à cette porte ou bien allais-je m’enfuir ? Je sonnais. La porte s’ouvrit grâce à un interphone. Je la poussais et pénétrait à l’intérieur. Mais putain, qu’est-ce que j’étais en train de faire ? Je devais arrêter tout ça maintenant, m’enfuir, oublier tout ça, mais non… non… je continuais encore. Donc je rentrais dans cette maison et me retrouvait dans un grand hall d’entrée, devant un escalier, que, sans vraiment savoir pourquoi, je me mis à monter. Comme si tout me semblait déjà écris, je montais à l’étage et pris à droite, vers une porte qui se trouvait au fond du couloir. Je me retrouvais devant cette porte et l’ouvrit sans aucune hésitation. Encore une fois, je me demandais pourquoi je continuais comme ça, sans hésitation aucune. Peut-être que depuis tout le temps que ma pulsion grossissait, elle m’avais rendu fou, et que l’envie de l’assouvir était si puissante qu’elle me poussait ? Je rentrais dans ce qui se révéla une chambre. Elle était allongée sur un grand lit posé au milieu, seul mobilier composant cette chambre. Elle était magnifique et j’avais envie d’elle. À la question précédente concernant ma pulsion, je me répondis que oui, j’étais devenu fou, et que j’allais maintenant laisser parler cette folie. Je m’approchais de ce lit. Je remarquais son pied droit dont le dessous était maculé de sang. Le sien ? Dormait-elle ou était-elle déjà morte ? Trop à mon envie, je ne remarquais pas l’ombre qui se rapprochait de moi par derrière, ne la vit point lever le sabre, avant de l’abattre sur ma nuque. Ma dernière pensée avant que ma tête, détachée de mon corps, ne heurte le sol fut : « – je savais que ça pouvait être un piège, et c’est mieux comme ça. ».

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