Il était une fois, dans un petit hameau du centre de la France, des villageois qui furent bien ennuyés quand le dernier commerce du bourg, la boulangerie, ferma. Comment trouver du pain alors que la village le plus proche se trouvait à plusieurs kilomètres ? La hameau se mourrait, les habitants étaient tristes de voir leur petit village mourir et les gens en partir. Puis un jour, vint un boulanger, Sakou, qui arrivait de son village d’Afrique noire. Il décida de se poser ici, dans ce petit coin de campagne, avec sa femme et ses enfants, et d’y ouvrir sa boulangerie. Beaucoup d’habitants étaient contents : «  – enfin une boulangerie, pensaient-ils, plus besoin de faire des kilomètres pour trouver du pain ». Mais d’autres, eux, n’acceptaient pas, parce que Sakou et sa famille étaient noirs. Bon an, mal an, Sakou finit par arriver à ouvrir sa sympathique petite boulangerie, où le pain était excellent, les croissants fameux et les gâteaux délicieux. Il se passa quelques mois difficiles, quelques frictions, mais grâce à son talent de boulanger et sa gentillesse, Sakou finit par convaincre les irréductibles du village, et sa femme, Coumba, ouvrit un petit salon de coiffure. Grâce à ses deux petits commerces, le village reprenait vie, chacun aux alentours voulant goûter le fameux pain de Sakou dont on parlait dans toute la vallée, et venant se faire coiffer par la dynamique et sympathique Coumba. Sakou embaucha un aide-boulanger et une vendeuse, et Coumba une coiffeuse supplémentaire, les trois personnes originaires du village, qui se désolaient d’envisager de quitter leur village pour trouver de l’emploi, étaient ravis. Puis ce fut le petit café de la place, fermé depuis près de 3 ans, qui rouvrit, grâce au passage engendré par les deux petits commerces locaux de notre sympathique couple. Le village sortait de sa léthargie, la vie sociale s’y développait de nouveau, les gens y revenaient et certains même s’y installèrent, à un point tel que la charmante petite école, grâce à ces nouveaux habitants, finit même par rouvrir. Les enfants de Sakou et Coumba y furent scolarisés, et le maire, heureux de voir son village sauvé de l’oubli grâce au travail et la patience de Sakou et Coumba décida de jumeler le village avec leur village d’origine. Par la suite, des échanges furent organisés entre les deux villages, et depuis ce temps là, chaque année, à raison d’une année sur deux, les enfants du village font un voyage accompagnés de Sakou, Coumba et leurs enfants dans leur village Africain d’origine, qui organise une fête pour les accueillir, tandis que l’année d’après, ce sont des enfants de la-bas qui viennent au village, qui, également, organise une fête pour les recevoir. Sakou et Coumba, après quelques années, rentrèrent finir leurs vieux jours paisiblement dans leur pays, tandis que leurs enfants, eux, reprirent les commerces de leurs parents, et continuèrent d’organiser chaque année, depuis tout ce temps, les traditionnels voyages et échanges. Ce petit conte n’est bien sur que le fruit de mon imagination, mais qui sait, si un jour, dans un petit hameau de France se mourant, un Sakou ne viendra pas lui redonner vie.

Image: Prémian, Occitanie, France

http://camping-premian.fr/

Share Button